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.— Désolé, ce n’est pas possible, répond-il.— Je ne peux plus tenir.J’ai bu toute une bouteille de Coca avant de venir.— Je m’en fiche.On ne s’arrête pas.— Je vais faire pipi sur le siège.Vous allez être assis dedans.— Faites-le si vous ne pouvez pas vous retenir.— Je vais le faire.Il ne dit rien.D’autres kilomètres défilent.Puisque c’est Slim qui a apporté les menottes, ce doit rire lui qui a la clé pour les ouvrir.La femme a le bras qui commence à fatiguer.Elle abaisse la main qui tient l’arme : je perçois le froissement du tissu.J’estime que nous roulons à quatre-vingt-dix kilomètres à l’heure.Nous sommes à peut-être quatre-vingts kilomètres au sud de Water Cove.On approche de Seaside ; j’entends les bruits de la ville devant nous ; les deux stations d’essence et le relais routier ouverts la nuit.— Slim, dis-je.— Quoi ?— J’ai un autre problème en plus d’avoir envie de faire pipi.— Qu’est-ce que c’est ?— J’ai mes règles.Il faut vraiment que j’aille aux toilettes.Je n’en ai que pour deux minutes.Vous et votre amie pouvez m’accompagner.Vous pouvez pointer vos revolvers sur moi tout le temps si ça vous chante, ça m’est égal.Si vous n’arrêtez pas, on va avoir un beau gâchis ici et on va l’avoir bientôt.— On n’arrête pas.J’élève la voix.— C’est ridicule ! J’ai les mains et les pieds liés.Vous êtes tous les deux armés.Il faut juste que j’aille aux toilettes deux minutes.Pour l’amour du ciel, quelle sorte de malade êtes-vous ? Vous aimez ça, la pisse et le sang ?Slim réfléchit.Je l’entends se pencher pour lancer un regard à la femme.— Qu’en penses-tu ? lui demande-t-il.— Nous ne sommes pas censés nous arrêter pour quelque motif que ce soit, répond-elle.— Oui, mais enfin ! (Il ajoute une phrase, et là, je reconnais la suggestion que je lui ai implantée dans le cerveau.) Quel mal peut-elle faire ?— On ne doit pas la perdre de vue un seul instant, insiste la femme.— Je vous ai déjà dit que vous pouvez tous les deux m’accompagner aux toilettes, je rétorque.— Ainsi nous avons votre permission ? dit la femme d’un ton sarcastique.Son accent m’exaspère.Elle est allemande, côté est.J’espère qu’elle va me suivre aux lavabos.J’ai une surprise pour elle.— Je n’ai pas de serviettes hygiéniques, m’indique-t-elle.— Je prendrai ce que je trouverai, dis-je d’un ton docile.— A toi de voir, dit la femme à Slim.Il considère la chose, tout en m’étudiant, je le sais.Puis il se décide.— Et merde, appelle les autres.Dis-leur qu’on s’arrête à la première station d’essence.On va se garer à l’arrière.— Ils ne vont pas aimer ça, objecte l’homme assis à l’avant.— Dis-leur qu’ils peuvent me parler s’ils sont inquiets, répond Slim.(Il se tourne vers moi.) Contente ?— Merci, dis-je en prenant ma voix de velours.Je ne veux pas créer de problèmes.Vous pouvez vraiment m’accompagner si vous y tenez.— Un peu que je vais t’accompagner, ma vieille, marmonne Slim, comme si l’idée venait de lui.Il me faut ces clés.Ils informent les autres.Nous ralentissons alors que nous entrons dans Seaside.Le chauffeur repère mie station d’essence.J’entends le pompiste de nuit luire de la monnaie.On contourne le côté du bâtiment, suivis de près par la deuxième limousine.On n’arrête.Slim ouvre la portière.— Restez ici, dit-il.On attend le retour de Slim.La femme tient à nouveau son revolver braqué sur ma tempe.Simplement, je dois avoir une tête qui ne lui revient pas.Les hommes, eux, sont détendus.Ils sont en train de se dire : toutes ces mesures de sécurité, pourquoi ? Slim se ramène.Je l’entends sortir son arme de son étui.— On va être deux à vous surveiller, dit-il.Pas de blague !— Il faut que vous m’enleviez ce truc.Si je ne vois rien, je vais faire des saletés.Bien sûr, je pourrais l’enlever moi-même au moment de faire mon coup.Mais si c’est déjà fait, ce sera toujours un geste de gagné.En plus, j’ai besoin d’y voir pour décider du moment où passer à l’attaque.Enfin, en leur demandant de me l’ôter, je fais ressortir à quel point je suis dans l’incapacité d’agir.— Encore autre chose ? demande Slim.— Non.Il retire le masque.— Satisfaite ?Je lui adresse un sourire reconnaissant.— Je le serai une fois dans les toilettes, dis-je.Il me fixe du regard.Sur son visage, se lisent le doute et la confusion.— Qui diable êtes-vous ?— Une fille qui a de mauvaises manières, je réponds.La femme colle son revolver sur ma tempe.— Dehors, lance-t-elle.Tu as deux minutes.Pas plus.Je saute de la voiture.Les gars de l’autre limousine sont tous dehors, leurs armes dissimulées mais à portée de main.Ils forment un mur entre moi et le devant de la station.J’espère qu’aucun d’entre eux ne va m’accompagner aux lavabos.Par contre, Slim et la femme sont bien décidés à rester avec moi
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