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.— Je suis à votre disposition.Une ombre d’émotion passa dans les yeux de Kamel.— Merci, monsieur Walker.— Les dessins auxquels tenait tant Hélène…— J’y ai songé : les plans du barrage ?— Non.— À quoi correspondent-ils ?— Il faut le découvrir.— Votre documentation suffira-t-elle ?— Je l’ignore.— Si nous découvrons la signification de ces dessins, nous pourrons peut-être contrer les terroristes.Mark se concentra en vain ; sans cesse réapparaissait le visage ironique d’Hélène.Ainsi, c’était pour exploiter sa connaissance du barrage qu’elle avait décidé de l’épouser ; en jouant les femmes amoureuses, elle aurait obtenu sans peine les renseignements dont ses complices avaient besoin.— Puisque vos hommes ont tué Hélène, elle n’a pas rempli sa mission jusqu’au bout ; sa disparition aura découragé ses complices.— Retardé, tout au plus ; ils auront emprunté d’autres sentiers afin d’atteindre leur but.Retrouver les fonctionnaires corrompus qu’ils ont achetés et leur faire avouer ce qu’ils ont transmis au groupe de Mohamed Bokar prendrait trop de temps.Partons pour Assouan ; c’est le barrage lui-même qu’il faut ausculter.— Kamel…— Oui, monsieur Walker ?— Vous saviez depuis le début, n’est-ce pas ?— Qu’importe le passé, puisque l’avenir de l’Égypte est entre nos mains ?51À Der Dronka, village proche d’Assiout, en haute Égypte, le vingt et unième jour du ramadan promettait d’être exceptionnel ; les habitants, coptes ou orthodoxes, ne respectaient pas le jeûne musulman mais préparaient le pèlerinage de la Vierge qui verrait plus de un million de fidèles se diriger vers le grand monastère bâti à flanc de colline autour d’une grotte miraculeuse où avaient séjourné Marie, Joseph et Jésus.C’était à Der Dronka, dont chaque habitant était armé d’un vieux fusil datant de l’occupation britannique, que Youssef comptait mettre sur pied des commandos capables d’assurer la protection des chrétiens du Sud.Arrivé la veille, le chef de la mafia des ordures ne cachait pas son inquiétude.Au Caire, la situation devenait alarmante ; un fou d’Allah avait tué, dans le bar de l’hôtel de luxe Sémiramis, trois juristes étrangers séjournant dans la capitale égyptienne pour un congrès.Les islamistes tenaient leurs promesses ; bientôt, ils s’attaqueraient aux Coptes considérés, eux aussi, comme des étrangers.Devant l’église du village, dont les deux hautes tours s’ornaient de croix coptes, le service d’ordre local contrôlait l’identité des pèlerins, dont la dévotion s’accompagnait d’une farouche volonté de guerroyer contre les fanatiques qui voulaient les anéantir.Malgré les exhortations au calme provenant de la hiérarchie religieuse, les esprits s’échauffaient et ne croyaient plus aux vertus de la tolérance.Ici, on maintiendrait le culte catholique ou l’on mourrait l’arme au poing.Youssef s’effrayait de sa propre témérité ; habitué aux joutes commerciales, il redoutait la violence et craignait de commettre une erreur fatale en s’engageant dans un combat qui le dépassait.Pour se rassurer, il regarda le chef de la milice locale, un colosse de un mètre quatre-vingt-dix, habillé d’une galabieh bleu pâle, une étoffe blanche autour du cou, un bonnet marron sur la tête ; dans la main droite, il tenait un fusil équipé d’une baïonnette.Sourcils épais, moustache noire et pommettes saillantes donnaient à son visage un aspect d’une rare férocité.L’homme, craint et obéi, examinait lui-même chaque pèlerin avant de le laisser pénétrer sur son territoire.Rassuré, Youssef pensa à l’Américain ; sans qu’il s’en doutât, c’était lui qui l’avait convaincu de sortir de son confort et de sa routine pour défendre son clan.Sa bravoure, proche de l’inconscience, avait réveillé chez le chef de la mafia des ordures des pulsions chevaleresques, héritées de ses ancêtres mamelouks.Si les musulmans avaient le courage de se sacrifier pour Allah, n’aurait-il pas celui de mourir pour le Christ ?Étonné de sa propre démarche, Youssef se sentait prêt à partir en croisade ; il faudrait d’abord ramener sur le bon chemin les villages chrétiens qui, comme Bourtubate, avaient voté pour un candidat islamiste aux élections municipales, espérant ainsi échapper aux foudres des intégristes.Cette fuite en avant conduirait à l’extermination des Coptes ; qui se voilait la face n’échapperait pas à l’ennemi.Ensuite, il conviendrait de susciter l’approbation de la hiérarchie religieuse et d’obliger le président à prendre des mesures assurant l’égalité de droits entre musulmans et Coptes.Un adolescent se présenta devant le chef de la milice qui vérifia la présence, sur le dos de sa main, d’une croix bleue tatouée.Il le laissa passer mais, pris d’un doute, le rattrapa par l’épaule.— Curieux, ton tatouage… Montre-le-moi encore.— Pourquoi ?— On jurerait qu’il est récent.— Bien sûr que non ! Je…— Montre.Il saisit la main de l’adolescent et la retourna.— Il est récent.— Mais non !— J’ai l’habitude ; tu n’es pas chrétien.— Tu te trompes !— Qui es-tu ?Affolé, l’adolescent brandit un couteau et tenta de l’enfoncer dans le ventre du Copte ; plus rapide, ce dernier lui cassa le bras et le souleva de terre
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