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.Et il continuait à ne pas chercher à le concevoir non plus par paresse de penser, maispar peur de souffrir.Il espérait qu'un jour il finirait par pouvoir entendre le nom de l'île du Bois, de laDEUXIÈME PARTIE.UN AMOUR DE SWANN 181 Du Côté de Chez Swannprincesse des Laumes, sans ressentir le déchirement ancien, et trouvait imprudent de provoquer Odette à luifournir de nouvelles paroles, le nom d'endroits, de circonstances différentes qui, son mal à peine calmé, leferaient renaître sous une autre forme.Mais souvent les choses qu'il ne connaissait pas, qu'il redoutait maintenant de connaître, c'est Odetteelle-même qui les lui révélait spontanément, et sans s'en rendre compte; en effet l'écart que le vice mettaitentre la vie réelle d'Odette et la vie relativement innocente que Swann avait cru, et bien souvent croyaitencore, que menait sa maîtresse, cet écart Odette en ignorait l'étendue: un être vicieux, affectant toujours lamême vertu devant les êtres de qui il ne veut pas que soient soupçonnés ses vices, n'a pas de contrôle pour serendre compte combien ceux-ci, dont la croissance continue est insensible pour lui-même l'entraînent peu àpeu loin des façons de vivre normales.Dans leur cohabitation, au sein de l'esprit d'Odette, avec le souvenirdes actions qu'elle cachait à Swann, d'autres peu à peu en recevaient le reflet, étaient contagionnées par elles,sans qu'elle pût leur trouver rien d'étrange, sans qu'elles détonassent dans le milieu particulier où elle lesfaisait vivre en elle; mais si elle les racontait à Swann, il était épouvanté par la révélation de l'ambiancequ'elles trahissaient.Un jour il cherchait, sans blesser Odette, à lui demander si elle n'avait jamais été chezdes entremetteuses.A vrai dire il était convaincu que non; la lecture de la lettre anonyme en avait introduit lasupposition dans son intelligence, mais d'une façon mécanique; elle n'y avait rencontré aucune créance, maisen fait y était restée, et Swann, pour être débarrassé de la présence purement matérielle mais pourtant gênantedu soupçon, souhaitait qu'Odette l'extirpât."Oh! non! Ce n'est pas que je ne sois pas persécutée pour cela,ajouta-t-elle, en dévoilant dans un sourire une satisfaction de vanité qu'elle ne s'apercevait plus ne paspouvoir paraître légitime à Swann.Il y en a une qui est encore restée plus de deux heures hier à m'attendre,elle me proposait n'importe quel prix.Il paraît qu'il y a un ambassadeur qui lui a dit: "Je me tue si vous ne mel'amenez pas." On lui a dit que j'étais sortie, j'ai fini par aller moi-même lui parler pour qu'elle s'en aille.J'aurais voulu que tu voies comme je l'ai reçue, ma femme de chambre qui m'entendait de la pièce voisine m'adit que je criais à tue-tête: "Mais puisque je vous dis que je ne veux pas! C'est une idée comme ça, ça ne meplaît pas.Je pense que je suis libre de faire ce que je veux tout de même! Si j'avais besoin d'argent, jecomprends." Le concierge a ordre de ne plus la laisser entrer, il dira que je suis à la campagne.Ah! j'auraisvoulu que tu sois caché quelque part.Je crois que tu aurais été content, mon chéri.Elle a du bon, tout demême, tu vois, ta petite Odette, quoiqu'on la trouve si détestable."D'ailleurs ses aveux même, quand elle lui en faisait, de fautes qu'elle le supposait avoir découvertes, servaientplutôt pour Swann de point de départ à de nouveaux doutes qu'ils ne mettaient un terme aux anciens.Car ilsn'étaient jamais exactement proportionnés à ceux-ci.Odette avait eu beau retrancher de sa confession toutl'essentiel, il restait dans l'accessoire quelque chose que Swann n'avait jamais imaginé, qui l'accablait de sanouveauté et allait lui permettre de changer les termes du problème de sa jalousie.Et ces aveux il ne pouvaitplus les oublier.Son âme les charriait, les rejetait, les berçait, comme des cadavres.Et elle en étaitempoisonnée.Une fois elle lui parla d'une visite que Forcheville lui avait faite le jour de la Fête de Paris-Murcie."Comment, tu le connaissais déjà? Ah! oui, c'est vrai, dit-il en se reprenant pour ne pas paraître l'avoirignoré." Et tout d'un coup il se mit à trembler à la pensée que le jour de cette fête de Paris-Murcie où il avaitreçu d'elle la lettre qu'il avait si précieusement gardée, elle déjeunait peut-être avec Forcheville à la Maisond'Or.Elle lui jura que non."Pourtant la Maison d'Or me rappelle je ne sais quoi que j'ai su ne pas être vrai, luidit-il pour l'effrayer." "Oui, que je n'y étais pas allée le soir où je t'ai dit que j'en sortais quand tu m'avaischerchée chez Prévost", lui répondit-elle (croyant à son air qu'il le savait), avec une décision où il y avait,beaucoup plus que du cynisme, de la timidité, une peur de contrarier Swann et que par amour-propre ellevoulait cacher, puis le désir de lui montrer qu'elle pouvait être franche.Aussi frappa-t-elle avec une nettetéet une vigueur de bourreau et qui étaient exemptes de cruauté car Odette n'avait pas conscience du mal qu'ellefaisait à Swann; et même elle se mit à rire, peut-être il est vrai, surtout pour ne pas avoir l'air humilié, confus."C'est vrai que je n'avais pas été à la Maison Dorée, que je sortais de chez Forcheville.J'avais vraiment étéchez Prévost, ça c'était pas de la blague, il m'y avait rencontrée et m'avait demandé d'entrer regarder sesDEUXIÈME PARTIE.UN AMOUR DE SWANN 182 Du Côté de Chez Swanngravures.Mais il était venu quelqu'un pour le voir.Je t'ai dit que je venais de la Maison d'Or parce que j'avaispeur que cela ne t'ennuie.Tu vois, c'était plutôt gentil de ma part.Mettons que j'aie eu tort, au moins je te ledis carrément [ Pobierz caÅ‚ość w formacie PDF ]

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